Port-à-Piment 2 Février 2009

A Port-à-Piment, ce lundi 2 Février 2009, j’ai trouvé une ville toujours  souriante malgré les catastrophes qu’elle a subies. Cependant la peur règne au moindre changement du ciel. Les gens nous le disent fort et haut ; « depi tan an mare nou pa viv ». Ils ont raison. J’en ai fait l’experience. En effet , un après-midi, aux environs de cinq heures, le temps était sombre et le ciel commencait à devenir très nuageux. L’ allure des gens n’était plus la même ; on marchait beaucoup plus vite et  le va-et-vient des bicyclettes devenait  trop rapide : un « mache prese » résumerait  l’ambiance. Les gens étaient nerveuses. Je demandais aux passants de quoi il s’agissait et la réponse ne se faisait pas attendre ; « mesye, ou pa wè tan an. Si lapli tonbe, nou pral genyen gwo pwoblem ».  Je comprenais le message. Et je me sentis aussitôt menacé car ils savent fort et bien de quoi ils parlent. Ils étaient victimes des ouragans Gustave et Hanna quand la ville fut inondée.


La rivière de Port-à-Piment  peut à tout moment reprendre le chemin qu’elle s’était  frayé lors du passage des ouragans derniers. Notre belle ville est appelée à disparaitre si rien n’est fait pour endiguer la rivière et protéger la ville par une ceinture de beton ou gabion bien structurée.  La saison cyclonique est à deux pas, il nous faut une solution.


J’avais dès Octobre dernier écrit à la Première Ministre sur la situation critique de la population portapimentaise. Elle m’avait aimablement répondu que Port-à-Piment figurait sur la liste des priorités et qu’elle ferait tout pour nous venir en aide. Cependant, jusqu’à présent aucune solution n’a été  offerte. La population attend et espère une solution des autorités centrales.   Au secours!


Pour tous ceux et celles qui avaient connu la rivière de Port-à-Piment de GranPass à GranRivyè en passant par Paskoma, la rivière s’étendait en largeur sur une dizaine de mètres. Tenez-vous bien, aujourd’hui elle dépasse les 150 mètres. Pour avoir une idée réelle , je vous recommande de jeter un coup d’œil sur ce lien :

http://picasaweb.google.com/frantzphoto/RiviereDePortAPimentGranPassPaskomaAnbalarivye#

Frantz [milou]

Konbit Pou Pòtapiman

Les retombées positives pour la côte Sud

11/12/o8- Le Nouvelliste

Les retombées positives pour la côte Sud

Quatre spéléologues américains dont deux professeurs et deux étudiants de Western Kentucky University, ont exploré pendant sept jours la grotte Marie-Jeanne située dans les hauteurs de la commune de Port-à-Piment. Patricia Kambesis, Mike Lace, Dan Noifi et Ben Miller ont fait la cartographie de cette grande caverne à l’initiative du ministère du Tourisme.

Une présence de vie animale adaptée aux profondeurs, des oiseaux nocturnes, des ruches, des roches calcaires, du guano, des engrais naturels utilisés dans la fertilisation des terres, des traces archéologiques…la grotte Marie-Jeanne, située dans les hauteurs de la commune de Port-à-Piment dans le département du Sud, éveille l’intérêt des autorités haïtiennes et des spéléologues américains. En deux ans, à l’initiative du ministère du Tourisme, des chercheurs de Western Kentucky University ont exploré, avec l’aide de quelques Portapimentois, cette grande caverne où dorment d’importantes substances minérales. « C’est une grotte extrêmement significative pour la Caraïbe en particulier pour Haïti », reconnaît Patricia Kambesis, un des quatre spéléologues qui ont exploré Marie-Jeanne pendant sept jours.

En 2007, les chercheurs avaient effectué une première exploration sur une distance de 500 mètres. L’exploration alors jugée peu fructueuse, ils sont revenus cette année avec un équipage plus solide et y ont parcouru 1500 mètres de plus. Ces deux mille mètres de périple constituent jusque-là une exploration de surface par rapport aux profondeurs de la grotte Marie-Jeanne, qui s’étend sur cinq niveaux. « Nous avons exploré jusqu’à présent 2000 mètres et nous n’avons pas encore trouvé le bout de la grotte », a confirmé Patricia Kambesis.

La chercheuse, aussi motivée que ses coéquipiers, dit vouloir continuer la belle aventure en revenant l’année prochaine avec d’autres spécialistes pour une exploration plus poussée. « La prochaine étape, dit-elle, est de revenir et de continuer l’exploration cartographique et de mener aussi les études géologiques appropriées. » Interrogée sur les motifs de ces explorations en série, la spéléologue avance : « Nous cherchons à comprendre la formation des grottes et sensibiliser les citoyens sur la nécessité de les protéger ». Pour ce faire, elle caresse même l’idée d’emmener bientôt un des membres de l’équipe de gestion de Marie-Jeanne visiter d’autres grottes aux Etats-Unis, dans le souci de protéger cette grande caverne qui domine les hauteurs de Port-à-Piment.

La grotte Marie-Jeanne est un véritable chef-d’oeuvre architectural. Selon les spécialistes, cette grande caverne aurait pris naissance au 3e âge géologique (période où toutes les grottes du monde auraient été créées). Elle est constituée presque essentiellement de roches calcaires qui forment de magnifiques colonnes de stalactites et de stalagmites sous l’action ruisselante d’eau de pluie.

Il existerait également à l’intérieur de ce grand édifice, selon des natifs de Port-à-Piment, certaines substances minérales, comme le sulfate de fer, le quartz, (pierre entrant dans la fabrication des vitres, de montres et d’horloges) ; des coquillages, des ruches, des rayons de miel, et quelques variétés d’oiseaux nocturnes.

Au cours de cette année, plusieurs groupes d’étudiants anthropologues venant de la Faculté d’ethnologie ont, eux aussi, effectué des visites guidées à l’intérieur de ce grand édifice façonné par les images surprenantes créées par les roches calcaires.

La grotte Marie-Jeanne a aussi une valeur spirituelle très significative pour les religieux de la zone, qui y viennent souvent pour pratiquer des cultes dans les salles où ils peuvent accéder.

Jean Max St Fleur
jmsaintfleur@lenouvelliste.com